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Un phénomène de consanguinité qui perturbe le développement des colonies a été mis en valeur par une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte de l’Université François Rabelais de Tours.

L’ABEILLE DU POITOU vous propose de :

  • visualiser le reportage/témoignage du chercheur Eric Darrouzet diffusé sur France2 (publié le 
  • de prendre connaissance des éléments d’informations synthétisés concernant l’annonce potentielle du ralentissement du développement voire de sa disparition envisagée
  • de partager les liens de sa revue de presse

 

LE REPORTAGE DE FRANCE 2


Bientôt la fin du frelon asiatique ?

SYNTHESE :

Le frelon asiatique souffre d’un phénomène de dépression de consanguinité, selon une étude de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (IRBI) de Tours.
Un phénomène qui pourrait limiter son expansion, explique Éric Darrouzet, chercheur au sein de l’IRBI et coordinateur de cette étude.
Plus de mâles que de femelles, un déséquilibre qui pourrait conduire à la disparition à terme de l’espèce.

Le cycle biologique du frelon asiatique se déroule en deux temps :
– du printemps à la fin août, seules des femelles (des ouvrières) sont produites ;
– de la fin août à janvier, c’est à ce moment que des reproducteurs (mâles et futures reines) apparaissent.
Entre 2012 et 2014, nous avons ainsi mené une collecte de plusieurs colonies de frelons asiatiques, principalement dans le département de l’Indre-et-Loire. Nous avons observé à cette occasion que plus de 60% d’entre elles produisaient des mâles au printemps et en été. Or notre collecte montre que plus de 68% des colonies analysées produisaient des mâles lors du printemps, période où uniquement des ouvrières sont censées être présentes. Il y a donc une production précoce de mâles loin d’être anecdotique.
L’analyse que nous avons menée a montré que cette situation est liée à un problème d’espèce, à une perte de diversité génétique. Autrement dit, à un problème de consanguinité.
Éric Darrouzet

Cette surreprésentation de mâles diploïdes pose problème dans la mesure où ils sont produits à la place d’ouvrières et qu’ils ne travaillent pas dans une colonie. En effet, seules les ouvrières sont actives. Les mâles sont donc un fardeau, un frein au développement de l’espèce.
De plus, ils sont produits aussi à la place de futures reines, diminuant par conséquence probablement le nombre de futures colonies produites l’année suivante. Ainsi, la surreprésentation de ces mâles pourrait avoir des conséquences sur le fonctionnement des colonies et sur la reproduction de l’espèce.
Éric Darrouzet

Ce problème génétique menace-t-il pour autant cette espèce d’une disparition en Europe ? Deux scénarios sont possibles :
– soit, effectivement, la croissance du nombre de nids va ralentir voire décliner. L’expansion de cette espèce est donc vouée à être limitée.
– soit le frelon asiatique parvient à mettre en place des stratégies pour contourner le problème en s’adaptant.
Éric Darrouzet

Le frelon asiatique a été signalé pour la première fois dans le Lot-et-Garonne en 2004. Depuis, il ne cesse de s’étendre en France mais aussi en Europe. 67 départements sont touchés ainsi que l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Belgique et l’Allemagne. Ils proviendraient tous d’une unique femelle transportée dans un pot importé de Chine par un producteur de bonzaï. C’est une étude sur 170 frelons, 83 capturés en France et 87 dans la zone d’origine de l’insecte en Chine qui a permis de conclure que cette femelle serait originaire d’une région située entre les provinces de Zhejiang et Jiangsu, dans l’est de la Chine.

La progression du front d’invasion est d’environ 60 km par an, le frelon étant présent sur 50 % du territoire métropolitain (majoritairement la moitié sud-ouest) en 2012. La carte de sa répartition est régulièrement mise à jour sur le site de l’INPN et celui du MNHN dédié à cette espèce.

 

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