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Publié dans la Nouvelle République : l’article “Un grand bol d’air pour les apiculteurs”, avec une réaction de l’ADA (Association pour le développement de l’apiculture) : éclairage sur l’emploi raisonné des antibiotiques et position ferme sur la demande de retrait des néonicotinoïdes :

 

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Dans cette même rubrique mercredi dernier, Gérard Venereau interpellait les apiculteurs, les enjoignant à « se remettre en cause » concernant l’inquiétant effondrement des colonies d’abeilles (NR du 22 avril). L’Association de développement de l’apiculture (ADA Poitou-Charentes) a souhaité réagir point par point. « L’apiculture utilise des antibiotiques ? Oui, comme beaucoup d’élevages, après la prescription d’un vétérinaire et la colonie traitée est retirée du circuit de production pendant un an. Des contrôles sont effectués pour chercher les traces de ces produits et les miels frauduleux sont retirés du marché […]. De plus, l’utilisation d’antibiotiques est de moins en moins courante, tout simplement car ce n’est pas la solution la plus efficace pour faire disparaître la loque américaine d’une exploitation. » « Aucune méthode prophylactique cohérente n’a été mise en place au niveau national ? Les groupements de défense sanitaire apicole existent dans chaque département et font leur travail », poursuit l’ADA. « L’état du cheptel apicole français est désastreux ? C’est bien le seul point sur lequel nous sommes d’accord. Rappelons que dans les années 90, le taux de mortalité normale en France était de 5 à 10 %, il est aujourd’hui de 30 %, sans compter les phénomènes de dépopulations des colonies […]. » « Oui, l’ADA se réjouit du retrait des néonicotinoïdes. Ces insecticides restent longtemps dans les sols, leur demi-vie étant de 6 à 9 mois, contaminant ainsi tout l’environnement malgré leur retrait sur une partie seulement des cultures. Les néonicotinoïdes affaiblissent les colonies, les stressant et les rendant ainsi plus vulnérables aux maladies. »

“ L’apiculture demande peu de chose ”

« Enfin, les néonicotinoïdes désorientent les abeilles et là encore affaiblissent les colonies par une perte de leur population. Nous avons ici juste cité les effets de ces produits sur les abeilles domestiques (apis mellifera), mais ce sont tous les invertébrés qui trinquent de l’utilisation de ces produits, et c’est tout l’environnement qui en pâtit […]. Bref, l’apiculture demande peu de chose : pas d’aides, pas de subventions, pas de grand plan national… Elle demande juste qu’on arrête d’empoisonner ses colonies et l’environnement tout entier. Le retrait de cette famille de produit lui donnera un grand bol d’air. »

“ Pratique d’un autre siècle ! ”

[Réaction concernant l’emploi des antibiotiques en apiculture (lire également ci-contre).] La loque américaine est une maladie contagieuse de l’abeille (déjà connue dans l’Antiquité) qui, il est vrai, fut combattue au XXe siècle à l’aide d’antibiotiques. Ceux-ci ne faisaient que cacher le problème, car la maladie refaisait surface si les ruches n’étaient pas de nouveau traitées. Le seul moyen de l’éradiquer consiste en la destruction de la colonie malade et de tous les cadres de la ruche. Depuis les années 2000, la législation est claire : on ne doit trouver aucune trace d’antibiotique dans le miel. En tant que responsable de la collecte de miels au GPIA 79, je veux rassurer les consommateurs : lorsque nous livrons notre miel en gros (fûts de 300 kg) aux grossistes, ceux-ci les analysent et si des traces d’antibiotiques sont décelées, le fût d’une valeur allant de 1.400 € à 2.500 € est refusé. Quel apiculteur sensé ferait l’usage d’antibiotiques ? En outre, il faut savoir que la loque américaine se développe sur des colonies faibles qui ne produisent du miel que pour elles et en petites quantités pour leur consommation personnelle.

Pierrick Petrequin Animateur de l’Association de développement apicole de Poitou-Charentes (ADA PC)

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Communautes-NR/n/Contenus/Articles/2015/04/29/Un-grand-bol-d-air-pour-les-apiculteurs-2312690

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