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Témoignage d’un adhérent de l’Abeille du Poitou ayant assisté à l’AG de l’ADA Poitou-Charentes le 4 février 2017 aux Ruralies dans les Deux-Sèvres. A la lecture d’un article (relatant l’évènement) dans un journal régional, Il nous résume l’intervention de Monsieur  Etienne Bruneau, administrateur délégué du CARI, président de la commission « Technologie apicole et qualité » d’Apimondia, président du groupe de travail « Miel » du COPA-COGECA (syndicat européen des agriculteurs),

Salut à tous,

Cet article est une admirable démonstration de la pauvreté du journalisme dans ce pays. C’est à croire que tous les mots prononcés à la réunion ont été passés au mixeur et ressortis dans l’article comme ça venait.  Christian, tu me dis si je n’ai rien compris.

Selon moi, il fallait comprendre que le miel d’Argentine se vend aux USA. Mais quand il devient trop cher, ou trop concurrentiel, les grands labos internationaux (il y en a 3 dans le monde et ils sont adossés à des négoces) lui trouvent un “problème”. C’est arrivé plusieurs fois déjà et la dernière, c’était la présence de glyphosate dans le miel. Il ne faut pas se dire que c’est la faute des Argentins ; cela montre comment ça fonctionne. Si le miel européen vient gêner d’une façon ou d’une autre, on peut y trouver des traces du sirop de nourrissement et de là à dire que c’est du miel de sirop, il n’y a qu’un pas très facile à franchir pour discréditer nos miels. 

La situation d’aujourd’hui, c’est que le miel argentin est reparti vers les USA (mais à un prix nettement plus bas) ; il est remplacé en Europe par le miel d’Ukraine qui ne va plus vers la Russie et donc qui arrive au prix de 1,56€ je crois (1,10€ au producteur). Prix cassé qui va ruiner la production ukrainienne mais détruire également celle de plusieurs pays de l’Est.

Là où tout s’assombrit c’est quand il faut comprendre que le miel fabriqué en usine par la Chine est fait pour répondre aux exigences réglementaires. Ce sera donc toujours le meilleur au regard des réglementations (puisqu’il est fabriqué en fonction) et il sera toujours le moins cher. Sur 10 ans on voit bien que ce n’est pas l’apiculture qui répond à la hausse de la demande, mais la fabrication industrielle chinoise. Et on voit des pays européens devenir des exportateurs de miels “des différents pays de la communauté européenne” comme la Belgique, la Suède, l’Allemagne ou l’Espagne … Et allez prouver que le pays revend du miel acheté et pas le miel produit chez lui ! Après tout, chaque pays peut trouver le miel chinois meilleur que le sien propre.

Vous me direz que tout le monde avait déjà compris que cela allait mal . Mais ça m’énerve que les journaux racontent des trucs, au mieux à la louche par temps de brouillard, au pire, au hasard.

Bonne journée

Christophe Zapata 

 

 

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