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Une étude menée en plein champ par l’Inra révèle qu’à proximité de parcelles traitées avec un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, le thiaméthoxane, les colonies modifient leur comportement de manière à préserver la production de miel en assurant le renouvellement des ouvrières.

Une expérimentation de plein champ a été menée au sein du dispositif Ecobee dans la zone atelier Plaine et Val de Sèvre par Terres Inovia en partenariat avec l’Inra, le CNRS, l’Itsap-Institut de l’abeille et l’Acta. Afin de vérifier l’impact des néonicotinoïdes sur la mortalité des abeilles pollinisatrices et de préciser ses effets sur les performances des colonies, les chercheurs ont mis en place en 2013 et 2014 une expérimentation sur 200 km² comprenant quelques parcelles de colza issues de semences traitées au thiaméthoxane. 18 ruches ont été disposées selon un gradient de niveaux d’exposition aux parcelles traitées. 7 000 abeilles ont été équipées de micropuces RFID permettant de surveiller leur entrée/sortie de la ruche.
Publiée dans Proceedings of the Royal Society B, l’étude démontre que le risque de mortalité des abeilles augmente avec le niveau d’exposition des ruches. Au cours de l’avancement de la floraison du colza, l’effet de l’exposition s’accroît passant d’un risque moyen de 5 à 22 %.
Toutefois, l’exposition n’altère pas les performances des ruches et reste sans conséquences sur la quantité de miel produite. Les hypothèses avancées portent sur la mise en place au sein de la ruche de mécanismes de régulation démographique des colonies permettant de compenser la surmortalité des individus. Les colonies étudiées ont ainsi conservé des effectifs d’ouvrières et de butineuses suffisants pour maintenir la dynamique de production du miel.

Les chercheurs ont par ailleurs détecté des traces d’une autre substance néonicotinoïde, applicable uniquement sur des semences de cultures non butinées, l’imidaclopride, dans les échantillons de nectar prélevés dans les fleurs de colza et dans celui collecté par les butineuses. La présence de cette molécule a compliqué l’évaluation du risque puisque l’étude portait uniquement sur les effets du thiaméthoxane et qu’il n’a pas été possible de différencier l’impact de chacune de ces substances sur les abeilles. Mais elle montre la difficulté d’évaluer les risques encourus par les abeilles en conditions d’exposition aux traitements phytosanitaires. « Ces risques sont mesurables à large échelle spatiale et se traduisent sur les ruches par des effets biologiques retardés qui ne sont pas à ce jour pris en compte par les autorités sanitaires », précise l’Inra. L’étude souligne l’importance de mesurer les effets chroniques de faibles doses dans l’évaluation toxicologique précédant la mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques mais également les possibles effets cumulatifs entre différentes matières actives.

Source :  http://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/appros-phytosanitaire/article/les-colonies-s-adaptent-face-au-danger-que-representent-les-neonicotinoides-216-115618.html

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