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L’émission du jeudi 7 janvier 2016 :

Les abeilles sont-elles capables de résister aux pesticides

Cliquez ci-contre pour (ré)écouter l’émission : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1216765

Abeille © Darkmadore – 2016

Une nouvelle étude sur l’impact des pesticides que les abeilles…

 

Fermez les yeux et imaginez cette scène : des  centaines de pollinisateurs, sans ailes, un pinceau à la main : ce sont des hommes qui assurent la reproduction des arbres fruitiers. Nous sommes en chine dans la province du Sichuan. Les insectes ont été décimés par les pesticides. Les hommes sont obligés de faire leur travail. Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on connaît l’impact des produits chimiques sur les pollinisateurs.

 

Et les abeilles  ont déjà payé un lourd tribut aux pesticides.

 

Et notamment ceux de la  nouvelle génération : les néonicotinoïdes.

 L’INRA, l’institut national de recherches agronomiques vient de publier une nouvelle étude, réalisée en plein champ. Elle a confirmé que ces substances  déboussolent les abeilles : elles perdent le chemin de la ruche et de sa communauté. Or une abeille seule est une abeille morte. Pour en avoir le cœur net les chercheurs ont équipés 7 000 abeilles d’une puce RFID, cela permet de les identifier par radio fréquence à chaque entrée et sortie de la ruche. Entre 5 à 20% des insectes ne rentrent pas. Plus les ruches sont installées à proximité des champs traités aux pesticides, plus elles fuguent vers une mort certaine.

 

Mais la ruche arrive à compenser cette perte de population

 

C’est la découverte : les abeilles décident d’élever moins de mâles et se concentrent sur la naissance de femelles ouvrières. Celles qui vont ravitailler la ruche. Bonne nouvelle les abeilles seraient donc capables de s’adapter aux pesticides. Et la production de miel dans la ruche n’est pas affectée.

Sauf que : la colonie est fragilisée et  comme tout être vivant, mieux vaut être en bonne santé pour résister aux agressions. Le manque de fleurs mellifères les affame puisque nos champs et la monoculture ont pris toute la place.

Elles sont plus sensibles aux virus et aux parasites : comme le varroa , un modèle réduit de vampire : il suce l’équivalent du sang de l’abeille. Et puis la gracieuse bestiole : le frelon asiatique qui aime bien grignoter les abeilles.

J’entends ceux qui n’aiment pas le miel… je leur rappelle que les abeilles travaillent gratuitement : leur service de pollinisation qui permet la production de fruits et de légumes est évalué à 153 milliards d’euros par an.

Je pense que si elles avaient conscience de cet esclavage elles réclameraient  un contrat à durée indéterminée, un treizième mois et le droit de grève

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