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Une équipe de botanistes de Nantes (Loire-Atlantique) a peut-être identifié une méthode naturelle et efficace contre le fameux frelon asiatique ou Vespa velutina nigrithorax, cousin agressif du frelon européen (Vespa crabro). Il s’agit en fait d’une plante qui a la particularité d’être carnivore : la Sarracénie ou Saracène.

Sarracenia leucophylla 'Red'

Par le plus grand des hasards

La découverte d’un frelon asiatique dans un des tubes pièges d’une Sarracenia par Christian Besson, jardinier botaniste du Jardin des plantes de Nantes, a déclenché l’intérêt des chercheurs.

Rappel sur la dangerosité du frelon asiatique

En effet, les frelons d’Asie, Vespa velutina, sont des insectes dangereux pour les abeilles, les guêpes et autres insectes. Ils s’attaquent même aux ruches et aux hommes lorsque ces derniers s’approchent de trop près. Originaires des régions de Shanghai (Chine), ils sont apparus en France en 2004. Ils ont depuis envahi 77 % du territoire français. On les trouve aussi en Belgique, en Allemagne, en Italie et dans le nord du Portugal.

Source : Inventaire national du patrimoine naturel (Carte de Rome Quentin)

Carte de répartition en France métropolitaine et Corse du frelon asiatique

Outre le fait d’attirer, de capturer, de tuer et de digérer l’ennemi des abeilles et de facto la plaie des apiculteurs, la Sarracenia, originaire Amérique du Nord, se décline botaniquement en de nombreuses espèces (8) et de multiples sous-espèces (sans compter les nombreuses hybridations); les variétés sont esthétiques -toujours singulières, et a priori sélective : elle ne capture ni abeilles, ni bourdons, ni papillons, mais potentiellement pourra se goinfrer de frelons asiatiques à raison d’environ 3 par tubes, soit environ 50 par plante ! mais aussi de mouches, etc.

Pour attraper les insectes, elle les attire grâce aux phéromones et au nectar sur ses lèvres. Ainsi, l’animal se dirige dans ses feuilles, ensuite, il « perd pied, glisse dans le toboggan et resté piégé au fond où il est mangé par des sucs digestifs » explique M PERROCHEAU, le directeur du jardin des plantes de Nantes.

Ce dernier décide d’étudier avec Éric Darrouzet, enseignant-chercheur à Tour et coordinateur de la recherche sur les frelons d’Asie, le contenu de 200 tubes ou urnes des Sarracenia des tourbières du Jardin des Plantes (environ 30 m2). Chacune contient “en moyenne trois frelons asiatiques et trois mouches, mais jamais aucune guêpe, aucune abeille, aucun frelon européen”.

Le chercheur essaie de trouver la molécule sécrétée par la plante. Il pourra ainsi l’utiliser, combiné avec un piège qui est encore en test. L’ensemble pourrait être commercialisé d’ici 2016, mais capturer ces molécules et les identifier au niveau chimique n’est pas un travail simple et peut prendre une semaine ou un an”, explique-t-il.

Contacté par le Jardin des plantes, le biologiste et son équipe sont “en train d’examiner les molécules libérées dans l’atmosphère par la plante pour voir quelles odeurs attirent le frelon (…). Capturer ces molécules et les identifier au niveau chimique n’est pas un travail simple et peut prendre une semaine ou un an”.

Eric Darrouzet espère trouver dans la plante “une super molécule attractive” qui pourra être utilisée comme “appât” pour le prototype inédit de piège 100% sélectif qu’il teste actuellement à Tours et qui devrait être commercialisé dès 2016.

Ces plantes peuvent être disposées aux alentours des ruches pour les protéger. Etant une plante de tourbière et surtout une plante exotique originaire d’Amérique du nord, il vous sera impossible de la cultiver en pleine terre à proximité des ruches, d’une part puisqu’elle exige un substrat bien spécifique et d’autre part des températures minimales pour la satisfaire. Une seule solution : la culture en pot et l’hivernage de ces derniers avec des températures appropriées.

Origine de la Sarracenia

Les Sarracénies ou Sarracènes (le genre Sarracenia) sont des plantes originaires du sud-est des États-Unis et du Canada, de la famille des Sarracéniacées. Ce sont des « carnivores à pièges passifs » (sans mouvement mécanique). Ces pièges sont des feuilles modifiées en forme d’urne et protégées par une coiffe (sauf chez Sarracenia psittacina). Le nom de la plante fait référence à Michel Sarrazin, chirurgien, médecin et naturaliste en Nouvelle-France.

Le mécanisme du piège passif de la Sarracenia

L’examen de ces cornets montre qu’il s’agit de feuilles recourbées et soudées sur elles-mêmes et non pas de feuilles qui se sont creusées. À l’extrémité apicale, des glandes nectarifères sécrètent un suc qui attire les insectes et les drogue. L’intérieur du cône est souvent tapissé de petits poils inclinés vers le bas, de manière à empêcher la remontée des insectes. Pour les sarracénies à urnes verticales, la coiffe ne sert pas à refermer le piège mais à éviter que l’eau n’y rentre. Chez Sarracenia minor elle empêche aussi les insectes de ressortir ce qui fait que les poils obliques sont absents. Chez Sarracenia purpurea, les urnes sont couchées et la coiffe facilite au contraire la récupération de l’eau de pluie. L’eau est nécessaire pour piéger par noyade les insectes et gastéropodes mais facilite également la digestion.

Les sarracénies produisent des fleurs qui apparaissent en général à partir de leur quatrième année, au printemps pour les précoces Sarracenia flava et Sarracenia oreophila, jusqu’au milieu de l’été pour Sarracenia minor et Sarracenia leucophylla.

Toutes les Sarracenias ont besoin d’une période de repos hivernal (pendant laquelle il faut fortement limiter l’arrosage) et d’un maximum de lumière. Elles pousseront bien mieux en plein soleil.

La floraison ne se produit que quand la plante est âgée de plusieurs années (3 ou 4 ans).

Les 8 espèces de Sarracenia sont:

  • Sarracenia alata
  • Sarracenia flava
  • Sarracenia leucophylla
  • Sarracenia minor
  • Sarracenia oreophila
  • Sarracenia psittacina
  • Sarracenia purpurea
  • Sarracenia rubra

Conseils de culture pour SARRACENIA

  • Température : jusqu’à 40°C en été. Rusticité : jusqu’à -15°C ; protéger la plante du gel si la plante carnivore est dans un pot.
  • Eau : exclusivement de l’eau de pluie, déminéralisée ou osmosée. Pas d’eau calcaire  sous peine de dépérissement de la plante en quelques semaines, ni d’eau minérale. En été, la plante doit être constamment dans de l’eau, en hiver, maintenir le substrat humide.
  • Luminosité : plein soleil.
  • Substrat : 4 volumes de tourbe blonde pour 1 volume de perlite et 1 volume de vermiculite ou 2 tiers de tourelle blonde pour 1 tiers de sable de quartz ou sable de Loire (sable d’aquarium, non coloré).

 

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